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17 novembre 2015

Véronique Forensi, maire-adjointe à la culture

 En ces lendemains où notre patrie a été meurtrie,

Il m’est apparu évident d’inscrire le lancement de la revue littéraire dans sa nouvelle version, dans cette volonté chevillée au corps, qui est mienne, d’assurer inlassablement la pérennité de ce qui fait la France

Pour ce premier numéro je laisse place au poète pour partager avec vous mon sentiment

Paris

Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits¹

Et j’adresse un :

Merci à Hervé Martin d’avoir transmis ce patrimoine à la ville d’Achères

Merci à Gérard Noiret qui fait si bien vivre l’écriture en les murs de notre bibliothèque

Merci à Frédéric Cubas-Glaser d’avoir prêté ses œuvres pour illustrer ce 1er numéro

Merci à Patrick Souchon d’avoir accepté d’être notre premier auteur invité de ce numéro symbolique

Merci aux écrivains en devenir des chantiers d’écriture

Merci à l’équipe de la bibliothèque qui a porté ce projet

Merci à tous ceux qui ont contribué à cette nouvelle version de la revue

 

Merci à vous tous lecteurs, auteurs qui comme nous, participent à l’immortalité de l’écrit

 1 – Paris – Louis Aragon (extrait)

Gérard Noiret, écrivain

Cela fait maintenant 4 ans qu’ont commencé les « chantiers d’écriture ». Il n’a jamais été question d’apprendre à écrire, de compléter par une pédagogie active l’enseignement scolaire. Les mardis à la bibliothèque ont toujours été « autre chose », même si les apports de connaissances en matière d’histoire et de théorie littéraire ont été nombreux. Année après année, les participants ont fait des expériences de langage. Ils ont appris à laisser sortir d’eux des manières de se servir des mots qu’ils n’imaginaient pas. Ils ont peu à peu approché la forme d’écriture qui correspondait le mieux à ce qu’ils sont. Ils se sont mis à oser leur parole en public. Ils ont été amenés à s’assumer dans un domaine qui les attirait autant qu’il leur faisait peur.

     Après un long cheminement enrichi par des inclusions du côté du théâtre et de la philosophie, il m’a semblé nécessaire d’introduire quelque chose qui, à l’évidence, devenait de plus en plus essentiel au fil du temps : la prise de risque intellectuelle. En d’autres termes, la possibilité pour chacun de montrer ce qu’il juge digne d’intérêt dans ce qu’il écrit mais aussi dans ce qui s’écrit aujourd’hui en France.

En novembre 2014, lorsque Hervé Martin m’a parlé de son souhait d’arrêter la revue qu’il dirigeait depuis quelques années, j’ai très vite vu le parti qu’on pouvait tirer de cette mauvaise nouvelle. Je lui ai proposé de prendre sa suite en recrutant parmi les membres du chantier un comité de rédaction. Issu du monde des ateliers d’écriture, ayant un jour décidé de se lancer, il a immédiatement accepté. Grâce à l’appui de la Municipalité, le travail de préparation a débuté dès le mois d’avril 2015. Après une phase d’information aux lecteurs et aux collaborateurs d‘incertain regard, en une dizaine de séances ayant pour objectif de sélectionner des textes, de composer un dossier, de distinguer un plasticien, d’intégrer les données techniques, l’aventure s’est précisée.

     Alors que sort le premier numéro de ce qui a été une activité hautement formatrice, on peut dire que son sommaire, ouvert à tous mais soumis à des exigences particulières, sera complété en 2016 par la création d’un second lieu à caractère littéraire, un blog réservé aux Achérois. Sous la responsabilité des bibliothécaires, leurs avis sur les livres en rayonnage, leurs poèmes, leurs nouvelles et pourquoi pas leurs photos, pourront y trouver une attention et une place. Cela en parfaite cohérence avec les venues d’auteurs, le concours de nouvelles, les chantiers d’écriture, les soirées de philosophie et les expositions qui forment, à leur manière, un véritable rempart contre la barbarie.