CANUT Jacques

incertain regard – N° 17 – Hiver 2018

Carte blanche à Hervé Martin

Jacques Canut

Poèmes

Sans exaltation, se contenter d’exister ?

Vieillir si profondément
à ne pas se reconnaître ?

L’esprit qui stagne
quand tout devenir disparaît,
tournoyer dans le ciel
tel un vol de pigeons
n’ayant d’autre horizon
à explorer.
L’instant passe comme on le cueille :
fleur à la bouche.
Ou au fusil ?

Donner des leçons pour souligner
ses propres lacunes ?

Avec le tact de ne pas abuser
de ses qualités.

Il passe de la fantaisie au sérieux
(et réciproquement)
avec sagesse.

Poèmes extraits de Dualités, Carnets confidentiels N°50 (2017)

 

Photo.
Ce beau jeune homme souriant,
et une élégante personne
qui serait sa compagne ?
Un couple qui souligne
si loin de moi, mais avec tendresse,
le degré de mon âge.

Je déclinais entre vieillesse,
solitude, émois, amertume…
Mais les élèves d’un collège
(ô Soleil de… Gennevilliers !)
me sollicitent pour tenter
l’aventure d’un nouveau livre.
Étourdissante quête.
Trouverai-je les mots qui acceptent
de traduire clairement,
fidèlement,
impressions, sentiments, idées,
évasion
qu’on espère de moi ?

Poèmes extraits de Claires-voies, éditions Pour solde de tous contes (2018)

 

Palencia (Capitale)

Río Carrión, promenades Salon, Jardinillos.
Séjours savourés
lors de plusieurs décennies de mon existence,
ouvrant saluts et accolades
pour des amitiés sincères et durablement
partagées.

Évoquant des faits inoubliables
des voix enchantées et douloureuses
parcourent le campo infini.

À l’ouest, par les soirées lumineuses,
le soleil embrase une sierra
méditative : couleurs et hymnes
célèbrent l’adieu
du jour.

Poèmes extraits de Alcancia Tirelire, éditions Calamo (2018)