COSCULLUELA Jean-Gabriel

incertain regard – N°12 – mai 2016

Carte blanche à Cécile Guivarch

Jean Gabriel Cosculluela
Extraits de Lumière inverse

L’île
est une lecture
de la terre
qui vient
à manquer
sous les mots
la terrasse
nue
la dernière
limite
des rochers
la forme
inapaisée
des rochers

l’eau
brûle
le silence

*

La langue
de terre
où l’oubli
et l’ombre
sont
une compagnie
impossible
l’épuisement
d’un instant
dans le vide
-l’acidie-
la plus intense
chaleur
la plus nue
à la nuit
retournée
l’espace
-où cet espace brûle
inapaisé

*
Le silence
près de la mer
où tu creuses
et retournes
la terre
ou ce qu’il en reste
après le regard
(la mesure
d’un regard
sur la terrasse
nue
et la table
des mots)

*
L’air
est
la lumière
brûlante
de l’oubli
et de l’ombre
l’oubli
et l’ombre
qui manquent
trop souvent
au regard