CUSSAT-BLANC Jean

Jean Cussat-Blanc

 

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Par ton choix Louise Michel devenue
par ce double prénom tu affiches
ton mépris de l’opprobre bourgeois.

L’école libre que tu ouvres
petite institutrice refusant le serment à l’empire
mérite ce nom.
Sur un tapis de mousse
par chat    souris blanche
tortue  couleuvre
leur accordant le nom et l’amitié
des animaux les enfants des pauvres
apprennent à lire à écrire.

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Le vent aère et balaie Nouméa
belle et brune en toutes saisons.
Séparant les eaux douces du lagon
des flots agités du Pacifique
le récif corallien ceinture l’île.

Il est l’un des plus beaux du monde.

Et temps passe sur chaque an balayé
par les colères du ciel et des eaux
coalisées en cyclones et tornades.

Les échasses des palétuviers
enfoncent leurs traces dans la vase.
Vers eux la fougère géante à marée basse
étale une indécence étrange.

Ici sous des figues au goût de cendre
une rosée rouge se prend aux pattes
d’une araignée transparente. Un oiseau
bleuté à large huppe et ventre roux
pique d’un bec aigu des pommes acajou.
Près d’un buisson en voile de mûres blanches
un énorme  noyau rond luit
à un rayon de soleil abandonné.
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A la gare Saint-Lazare ils t’accueillent. Ils t’ont cueillie par milliers
ces frères et sœurs de révolte si fiers de toi.
Ils t’ont couverte de fleurs, ils t’acclament suivent foule ton fiacre en
chantant        Rochefort Clémenceau parmi eux
Tu traverses la capitale républicaine dans un cortège incroyable
d’amour.

Les jours qui suivent tu parles par salles combles. Les femmes ont un
œillet à la boutonnière ou dans les cheveux. Tu n’es qu’en châle noir
un bouquet rouge dans les bras.
Tu parles à Levallois-Perret. La tombe de Théophile fleurit.

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