DREYFUS Ariane

incertain regard – N°14 – Mai 2017

Sans crier

L’aube, un pied nu,
Ecarte le drap

La peau morte de la nuit

Il fait froid sur la cheville
L’enfant réveillée y touche un os, une petite veine
Y vit sa vie

La fenêtre mal fermée
Fait que le rideau respire, sa couture danse debout
Créature pour qui veut

Pour celle qui se laisse glisser du lit
Sur ses jambes
Le rideau enfle, l’ouvrant de ses bras
L’enfant s’y met toute,
Une fois dedans
Il ne faut plus
Bouger, en pleine chrysalide

*

J’hésite, je te regarde, chemin qui ouvre le parc
Tu es si pâle,

*

En deux, qui écarte le parc

J’hésite, je regarde

Un fil brille,
Fait se rejoindre les lèvres du sphinx
D’où l’araignée a glissé

Tu es tombée, tu es partie ?

Sophie regarde par terre, elle aimerait bien que la salive
Que l’animal donna à la statue continue

Personne ne veut se réveiller
De la mousse noire s’est mise entre les griffes

*

Les malheurs, les casser en petits morceaux
En trois, en quatre, tout de suite en dix

*

Le plaisir de courir sur le chemin crissant !