GUILLEMIN Claudine

incertain regard – N°14 – Mai 2017

En forêt de Montmorency

Au cœur de la forêt, là où les troncs se vrillent,
La force des bouleaux attirait vers les cieux
Les amoureux transis mais tellement heureux
De choisir l’endroit clé pour que leur bonheur brille.

Lignes croisées de fûts dans l’infini du bois,
Arabesques étirées, denses entrelacs de tiges,
Ecrans inespérés que la pudeur oblige,
Havre tapis de mousse, précieux lit de soie.

La lumière vibrait, jouait avec les ombres
Comme autant de miroirs effaçant les heures sombres.
Le taillis du sous-bois étouffait tous les bruits.

Le froid les envahit ; leurs tout premiers ébats
Réveillèrent l’humus. Une laie arriva,
Interrompit le charme et le rêve s’enfuit.