HIRIART Emmanuel

Emmanuel  Hiriart

 

Le chemin creux s’enfonce
Sous les frênes têtards
Entre deux murs de pierre.
Les moutons trottent dans la boue
Avec leurs bottines rondes;
Deux chiens échevelés
Près du berger clabaudent.
Comme il semble facile
Sous le faux soleil de février
Le poème de la vie,
Bucolique sans flûte
Dans un bosquet de hêtres.
Comme semble loin, un instant,
L’angoisse de la nuit
Le grouillement des ombres fugitives.

 

 

Le temps ronge la statue de pierre
D’où la coquille s’efface.
Est-ce tout ce qui reste
Du pèlerin de Compostelle
Que ce reste de tombe
Gagné par le silence?
Les branches des frênes, les pierres
Peut-être, ou l’écume du torrent,
Mais plus certainement un visage rieur
Garde l’écho léger de son pas,
De ses yeux nus de vieux castillan.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces poèmes  d’ Emmanuel Hiriart sont extraits  de « Du pays des Renards » Emmanuel  Hiriart  a        publié  un  recueil « Le pays des mots » dans la collection
Ellébores/Nyctalopes prod.

 

 

Dans les rues du village
Quelques maisons de pierre sagement alignées
Dans le déferlement du temps
Semblent s’assoupir.
Que sont-ils devenus,
Les inventeurs du monde?
Rendus à leurs marges
Sous les cercles de pierre,
Ils ont laissé sur les montagnes
Leurs semailles de noms
Que ronge l’absurde étrangeté de l’oubli.
Plus rien ne sortira des roches
A présent. Elles semblent immobiles
Face au silence du ciel.

 

 

 

 

 

 

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