LEYZIEUX Gérard

incertain regard – N°15 – Novembre 2017

Acharnement du temps
T’étendent les heures
Intrusion en ton souffle
S’y élancent les rondeurs du vide
T’y malaxer l’écho des houles
À l’unisson du devenir
Sous le balancement d’échanges

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Dans la rougeur fugitive
Ta force en vol diffus
Quelques bruits, fracassements
Matière change de clameur
Sous ton œil qui choisit le silence

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Au grisâtre du matin
Brume de feu s’effile
Traversée du paysage
Les mots s’y lisent
Aux saisons engrangées
Un pas de plus vers la couleur

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S’éteint le fanal au matinal soleil
Brise la nuit de sa flamme
Et puise en la mémoire qu’il avale
L’histoire. Analyse la percée des secrets
S’éteint le fanal au rivage du temps
Étale la nuit dans ses feux
Et rivalise brillamment avec des émois humains

 

 

 

Ça le câline lascivement
Par-dessus les balises du jusant
Le balancement décent des vents
Transporte l’odeur du varech au-devant
Perce alors la maline de ses épines
Et sa salive suce de la vie
De-ci, de-là, suite d’envies
Sur le bord de la vase marine
Se lient les vides et les pleins
Dans la couleur des mareyeurs
Où la hauteur s’érige tout en longueur
Offrant ses valises aux marchands d’ailleurs

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Allongé(e) dans le flot des nuits et des journées
Couché(e) sur le lit des années
S’écoulent de toutes parts les flux du temps
Fuient aux fissures les effluves du passé
Par les fêlures s’évacuent les usures
Position inchangée du corps au monde
Les mains retiennent son calme
Mais déjà apparaissent des cassures
Sous cet étirement des membrures
L’épuisement jusqu’à l’extrême de la rupture
Par les fractures s’évide le mûrissement
Laissant intact aux regards l’enveloppement
Toujours visible malgré le transfèrement dans les anfractuosités immatérielles

 

incertain regard – N°16 – Eté 2018 : Partout

Fougue des jours de tourments
Étendre son corps à l’espace
Meubler sa vie à la course quotidienne
Respirer aux regards de la foule

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Et reprendre l’accumulation des lieux
À la senteur des passagers du temps
Étaler sa peur dans le cri
Trouble de la nuit qui nous éteint
Trouble dans la nuit qui nous étreint
Projeter sa parole au monde
Course à travers l’univers des sons
Toucher la fin de la terre et surmonter les limites