LEYZIEUX Gérard

Ça le câline lascivement
Par-dessus les balises du jusant
Le balancement décent des vents
Transporte l’odeur du varech au-devant
Perce alors la maline de ses épines
Et sa salive suce de la vie
De-ci, de-là, suite d’envies
Sur le bord de la vase marine
Se lient les vides et les pleins
Dans la couleur des mareyeurs
Où la hauteur s’érige tout en longueur
Offrant ses valises aux marchands d’ailleurs

Allongé(e) dans le flot des nuits et des journées
Couché(e) sur le lit des années
S’écoulent de toutes parts les flux du temps
Fuient aux fissures les effluves du passé
Par les fêlures s’évacuent les usures
Position inchangée du corps au monde
Les mains retiennent son calme
Mais déjà apparaissent des cassures
Sous cet étirement des membrures
L’épuisement jusqu’à l’extrême de la rupture
Par les fractures s’évide le mûrissement
Laissant intact aux regards l’enveloppement
Toujours visible malgré le transfèrement dans les anfractuosités immatérielles