PERGUET Jean (3)

incertain regard – N°13 – Novembre 2016

Page 99, Journal d’un lecteur : Héritage
Henriette Grindat, Albert Camus, René Char, Philippe Djian, Jean-Philippe Toussaint,
Amin Maalouf, Yuval Noah Harari et Jacques Lacarrière.

Je vous avais laissés, en mai 2016, avec Ali¹ et « les nomades et les contrebandiers,
qui eux savent bien qu’aucune frontière ne sépare une montagne d’une autre,
un col d’un autre, un nomade et un contrebandier d’un autre. » C’est bien en
contrebandier, nomade, que je vais me comporter à travers ces quelques
pages. Contrebandier d’abord car, aucun de ces livres n’ayant été choisis par
moi, je vais m’en faire le simple passeur. Nomade ensuite puisqu’il ne faudra
pas y chercher de cohérence. Ou plutôt si. Celle d’une pile de livres offerts lors
de mon pot de départ, fin d’une carrière professionnelle, cadeaux qui, m’étant
destinés, sont donc implicitement le reflet de mes goûts supposés.
Est-ce parce que je laissais visiblement traîner sur le coin du bureau mes lectures
dans le but d’en faire la promotion lors d’une pause-café ou du déjeuner ? Est ce
parce que j’avais partagé mon projet d’écriture ? Toujours est-il que je suis
parti ému de leurs dédicaces, des cela-devrait-te-plaire, des envoie-nous-tes-écrits.

Christine, j’ai entamé cet amical héritage par ton beau et grand livre, couverture
en épais vergé beige de Gallimard sur lequel brille le titre, La postérité du soleil²,
recelant des photographies noir et blanc d’Henriette Grindat et des poèmes
d’Albert Camus qui dialoguent. Des textes très épurés comme « L’énigme » qui
commente la simple photographie d’une porte s’ouvrant dans le vide, comme
« Après le vent, la terre tranquille » qui évoque un banal paysage de cimes
d’arbres, ou encore comme « Ici vit un homme libre, Personne ne le sert » qui
souligne une humble façade envahie de ce que je suppose être une vigne vierge.
Textes et images sont si minimalistes qu’isolés ils m’auraient semblé insipides.
Pourtant cela fonctionne parfaitement. Pourquoi ? Parce que j’ai feuilleté cela
comme s’il s’agissait de haïkus forts de leur fragilité. Consultez-le, pourquoi pas,
à la bibliothèque, l’année prochaine, sur les transats, dans la cour. C’est un livre
à parcourir à l’ombre, juste le temps d’une pause, pour déguster « …sans les
trahir, les choses simples dessinées entre le crépuscule et le ciel… »

Dane, tu as subi, de manière parfois un peu trop insistante, l’étalage de mes
coups de coeur littéraires et journalistiques qui servaient de diplomatiques
coups de gueule quand j’affichais au bureau une page du Monde des livres ou
le poster du journal Le 1 à côté des affiches officielles de la DRH. Et comme
les autres tu as supporté que je ne cache point attendre la première occasion
– ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi (cynique oxymore) le fut – pour m’évader
dans des projets d’écriture. Est-ce par représailles que tu m’as fait connaître,
d’un coup, deux livres : Ardoise³ de Philippe Djian et L’urgence et la patience 4 de
Jean-Philippe Toussaint ?
« Un jour j’ai sorti un livre, je l’ai ouvert et c’était ça. Je restais planté un moment,
lisant et comme un homme qui a trouvé de l’or à la décharge publique. (…) Et
je compris bien avant de le terminer qu’il y avait là un homme qui avait changé
l’écriture. (…) Ce livre fut ma première découverte de la magie ». C’est par cette
citation de Charles Bukowski que Philippe Djian commence Ardoise, ce court
récit de 120 pages où, pour expliquer sa vocation d’écrivain, il nous fait part des
chocs émotionnels procurés par dix livres et dix auteurs : « … ces livres qui ont
fait bien plus qu’influencer mon travail, ces livres qui ont changé ma vie, disons qu’ils
furent une pluie de météorites et que cette pluie a duré dix ans. Entre ma vingtième
et ma trentième année. Ensuite je me suis mis à écrire. »
Plus que des représailles, Ardoise est un guet-apens.
Guet-apens qui me questionne sur le style : « Le style n’est pas un don naturel,
contrairement à l’élégance ou la faculté d’occuper un espace (de préférence
médiatique) (…) On verrait que rien ne peut être laissé au hasard ou soumis à des
règles universelles. On verrait la difficulté de choisir un mot, de placer une virgule,
de prendre différentes sortes de mesure. (…) Le style, malheureusement, ne souffre
pas la dissection. Au premier coup de bistouri, la magie s’envole.»
Guet-apens qui m’interroge sur mes réelles motivations et le courage nécessaire
pour affronter ce que l’on appelle l’écriture longue : « Écrire n’est pas simple.
Écrire est une occupation parfois rebutante, parfois stérile et affligeante, parfois
même au-dessus de nos faibles forces, mais elle est la seule qui soit acceptable. »
Guet-apens qui m’interpelle sur la force de mon sujet et le réalisme de mes
personnages : « Je pense que c’est à Melville que je dois ce sentiment qu’un
personnage n’existe pas tant que le vent n’a pas soufflé dans ses cheveux. Tant qu’il
n’a pas éprouvé physiquement la présence du monde qui l’entoure — et le vent, la
pluie, le soleil, les rivières ou les montagnes… »
Guet-apens qui provoqua des sentiments paradoxaux (enthousiasme,
entêtement et doute) qui seront renforcés par la lecture de L’urgence et la
patience de Jean-Philippe Toussaint. « Lorsque j’écris un livre, je me voudrais
aérien, l’esprit au vent et la main désinvolte. Mon cul. En fait, je suis très organisé. Je
m’entraîne, je me prépare, je me dispose. Il y a un côté monacal dans mon attitude ; spartiate, navigateur solitaire. Tout importe, la condition physique, l’alimentation, les
lectures. Quand j’écris, je me couche tôt, je ne bois pas d’alcool. Pendant la journée,
je marche, je fais du vélo, je nage. »
En serai-je capable ? Est-ce si nécessaire ?

Jean-Claude, j’ai d’abord pris Un fauteuil sur la Seine5 d’Amin Maalouf pour un
sympathique pied-de-nez ou un ironique augure car Amin Maalouf y conte la
vie et les aventures des dix-huit écrivains qui l’ont précédé au 29ème fauteuil de
l’Académie française. La plupart ne sont pas restés gravés dans notre mémoire
et Amin Maalouf n’a nullement l’intention de les y réintroduire définitivement.
Premier étranger (libano-égyptien) de la lignée d’académicien du 29ème
fauteuil, il prend ce prétexte pour revisiter notre histoire de France, la grande
et la petite, chronologiquement, de Richelieu à nos jours, sous la forme d’un
feuilleton. Anecdotes, « les détracteurs de Jean-François Cailhava se plaisaient à
dire que Molière avait une dent contre lui… [car il] avait cru bon de prélever sur la
dépouille [de Molière] une dent, puis de l’enchâsser dans une bague afin de l’avoir
en permanence sur lui. » ou débats, « celui qui [Ernest Renan] n’a jamais cessé
de rappeler ce qui, à ses yeux, demeurait l’essentiel : “L’homme n’appartient ni à
sa langue ni à sa race : il n’appartient qu’à lui-même, car c’est un être libre, c’est un
être moral“, [qui] livra le fruit de sa réflexion sur les questions identitaires dans une
conférence intitulée justement “Qu’est-ce qu’une nation ?”. » J’ai donc constaté à
nouveau que notre actualité n’est que le continuum de l’histoire comme, dans
ces deux citations, celles, contemporaines, des « intermittents du spectacle »
ou de « l’identité nationale ».
Amin Maalouf m’interpelle ainsi vraiment quand, dans le dernier chapitre, il cite
son prédécesseur, Claude Lévi-Strauss, celui qui chérissait les cultures fragiles :
« [Claude Levi-Strauss] suggéra dans une note de bas de page de Tristes
tropiques, que la France, qui comptait alors (en 1954) quarante-cinq millions
d’habitants, intégrât dans sa population, “sur la base de l’égalité des droits“, les
vingt-cinq millions de musulmans de son empire colonial (…) Un tel coup de dés
aurait-il anéanti la France ? Aurait-il permis, au contraire, de métamorphoser le
monde musulman, et d’éviter ainsi à l’humanité entière les abominations qu’elle
connaît de nos jours ? On ne le saura jamais ? » Amin Maalouf n’est pas naïf. Son
Fauteuil sur la Seine, est avant tout une invitation à comprendre notre présent
et à anticiper notre futur grâce aux constantes analepses de l’histoire.
Alain, est-ce parce que nous avions partagé de nombreuses réunions de
prospective et commencé à promouvoir ce que Jeremy Rufkin appelle la nouvelle
société du coût marginal zéro6- Je profite aussi de cet aparté pour vous inviter à
enchaîner par le point de vue contradictoire développé par Luc Ferry dans La
révolution transhumaniste7 – est-ce donc pour cela que tu m’as offert Sapiens8 de Yuval Noah Harari ? Est-ce afin que je revienne à des considérations moins
utopiques en revisitant notre histoire en-deçà et au-delà du court épisode que
représente l’Académie française ? Sapiens, une somme historique qui s’appuie
brillamment sur l’archéologie, la génétique, les sciences sociales, la philosophie,
la technologie pour raconter une brève histoire de l’humanité. Et puisque, Yuval,
tu as su m’embarquer dans l’Aventure humaine comme si nous y cheminions
de conserve – bien plus que Claude Allègre9 et Jacques Atali10 avaient su le faire
– j’ai envie ici de te tutoyer ; que ce tutoiement suggère l’accessibilité de ton
livre et son écriture non universitaire. C’est un récit moderne que tes étudiants,
passionnés, t’ont demandé d’écrire. Tu l’as fait d’une écriture alerte, usant de
comparaisons judicieuses qui concrétisent les échelles de temps, et, comme
dans un roman d’action, Sapiens y traverse d’incroyables mais bien réelles (r)
évolutions. Ce qu’on y découvre est toujours sidérant… Sauf quand tu romps le
charme que j’avais ressenti, enfant, en découvrant la première écriture, celle de
Sumer, à travers les photographies du premier volume de L’Univers des Formes.
Un point de vue d’anthropologue qui rabaisse la poésie abstraite de sa forme
à celle d’un livre comptable : « À ce premier stade, l’écriture était limitée aux faits
et aux chiffres. Le grand sumérien, s’il exista jamais, ne fut pas livré aux tablettes
d’argile. Écrire prenait du temps, et le lectorat était infime, en sorte que nul ne voyait
de raison de s’en servir à une autre fin que la tenue des archives essentielles. Si nous
recherchons les premiers mots de sagesse venus de nos ancêtres, voici 5000 ans,
nous allons au-devant d’une grande déception. Les tous premiers messages que nos
ancêtres nous aient laissés sont du style : “29086 mesures orge 37 mois Kushim“. »
Et cette étonnante note de bas de page : « Avec l’invention de l’écriture nous
commençons à entendre l’histoire à travers l’oreille de ses protagonistes. Quand ses
voisins l’appelaient, ils criaient réellement “Kushim“. Il est significatif que le premier
nom attesté de l’histoire appartienne à un comptable, plutôt qu’à un prophète, un
poète ou un conquérant ». Avec pédagogie tu nous plonges aussitôt dans ce
qu’une telle découverte représente pour les anthropologues : ils concluent
que l’invention de l’écriture n’est pas la conséquence du besoin de transmettre
des mythes mais la nécessité de suppléer une mémoire humaine incapable de
comptabiliser production agricole, biens et dettes croissantes, impôts d’une
collectivité qui dépassait alors un simple groupe familial ou tribal et atteignait
quelques milliers de personne. Ton sens de la dérision, sans diminuer la réalité
scientifique du livre que confirment les nombreuses notes de bas de page,
fluidifie ces 500 pages. Ton livre aborde aussi, tour à tour, tous les conflits
physiques, ethniques, éthiques, religieux, économiques qu’affronte Sapiens en
regroupant de petites communautés en immenses empires. Comme si tu
voulais contextualiser les propositions, évoquées plus haut, de Claude Levi-
Strauss, dans la section visions impériales tu abordes la séculaire émergence
de la xénophobie : « La présomption de gouverner le monde entier pour le bien de ses habitants était déroutante. L’évolution a fait de l’Homo sapiens, comme
des autres mammifères sociaux, une créature xénophobe. Sapiens divise l’humanité
en deux : les “nous“ et les “eux“. Nous c’est vous et moi, qui partageons langue,
religion et usages. (…) Dans la langue du peuple Dinka, au Soudan, “Dinka“ signifie
simplement “hommes“. Ceux qui ne sont pas Dinka ne sont pas des hommes. Les
ennemis jurés des Dinka sont les Nuer. Et que veut dire le mot “Nuer“ dans leur
langue ? Les “hommes originels”. À des milliers de kilomètres des déserts soudanais,
dans les terres prises sous les glaces de l’Alaska et du nord-est de la Sibérie, vivent
les Yupicks. Et que signifie “Yupik” dans leur langue ? Les “vrais hommes“
». Mais
aussitôt, dans ce chapitre sur la formation inexorable des empires, tu en décris
l’évolution positive, « À l’opposé de cet exclusivisme ethnique, l’idéologie impériale,
à compter de Cyrius, a eu tendance à être inclusive et ouverte à tout. » Ici, point
de naïveté, l’Histoire est factuelle. Dans un superbe passage, « Le nouvel empire
mondial », tu nous laisses découvrir que, si cet empire mondial a déjà connu
maintes révoltes et violences, il nous faudra en vivre encore beaucoup pour
accompagner sa mutation d’une nature territoriale à une nature planétaire,
économique et panachée d’utopie techno-centrique. Comme tu pourrais
facilement en juger en découvrant les quarante post-it jaunes, annotés de ma
main, qui débordent du livre sur l’intégralité de ses trois côtés (mythes, écriture,
xénophobie, mais aussi, syncrétisme, bouddhisme, humanisme, hubris, science
et impérialisme, consumérisme …), j’aimerais avoir encore plus de place pour
te citer. Merci Yuval d’avoir écrit cette exégèse de nos origines mettant en
perspective, au-delà de trois générations, mon héritage. Merci aussi de m’offrir
sous le sticker “Fiction“, «“Le lion est l’esprit tutélaire de notre tribu“. Cette faculté
de parler de fictions est le trait le plus singulier du langage Sapiens. On conviendra
sans trop de peine que seul l’Homo sapiens peut parler des choses qui n’existent
pas vraiment et croire à six choses impossibles avant le petit déjeuner. Jamais vous
ne convaincrez un singe de vous donner sa banane en lui promettant qu’elle lui sera
rendue au centuple au ciel des singes. Mais pourquoi est-ce important ? Somme
toute, la fiction peut dangereusement égarer ou distraire. Les gens qui vont dans la
forêt en quête de fées ou de licornes sembleraient avoir moins de chance de survie
que ceux qui cherchent des champignons ou des cerfs. Et si vous passez des heures
à prier des esprits tutélaires inexistants, ne perdez-vous pas un temps précieux qui
serait mieux employé à fourrager, vous battre ou forniquer ? Or c’est la fiction qui a
permis d’imaginer des choses, mais aussi de le faire collectivement. Nous pouvons
tisser des mythes tels le récit de la création biblique, le mythe du temps du rêve ».
Merci donc de m’offrir une facile transition vers Dans la forêt des songes11 de
Jacques Lacarrière.

Christian savait, quand il m’offrit ce roman, que je prendrai tant de plaisir à
cheminer dans la forêt d’Orient et ses bords de lac, vers la clairière des Farfelues,
en compagnie de Thoustra (perroquet ara dyslexique) et à m’identifier à Ancelot
(chevalier sans monture), à la rencontre d’« un stylite (avachi), une grue bègue
(et cendrée), des chasseurs nocturnes (et fantômes), une ondine (amoureuse), un
androgyne (imbu de lui-même), deux ménestrels (champenois) ». Autant de plaisir
que celui d’être un Sapiens parmi les Sapiens.
Je fus d’autant plus ému par cette surprenante et décapante lecture, si différente
de Chemin faisant12 (où j’ai pénétré pour la première fois dans l’univers de
Jacques Lacarrière) et de Natures13 (un de ses cahiers), que Dans la forêt des
songes fut publié quelques jours seulement après le décès de Jacques Lacarrière
le 17 septembre 2005. C’est un livre héritage où Jacques Lacarrière a sans doute
voulu condenser sa prose poétique, son osmose avec la nature, sa passion
pour les mythes qu’ils soient grecs, celtiques ou chrétiens. Et personnellement,
en plein chantier d’écriture, j’ai profité de la cocasserie des dialogues, des
allitérations et accumulations (qui de visu, de auditu, ou de palpu… m’ont mis
dans un état … ni léthargique, cataleptique, catalectique ou hypnagogique) ; lisez
ce texte à votre famille, non comme un psittacidé dyslexique mais comme un
hominidé philosophe épris de légendes et d’allégories. Pour terminer ce journal,
j’ai choisi un passage qui, à travers le style de Jacques Lacarrière, nous projette
au prochain épisode de Sapiens : l’amortalité fantasmée par les transhumanistes.
« – Mais pourquoi, quand on a la chance d’être immortel, pourquoi revenir ici-bas ?
(…)
– C’est pour cela, tu vois, que j’aime revenir sur la Terre : parce qu’ici on vit dans un
Temps qui s’écoule et qui change, comme l’eau d’un fleuve ou l’écume des nuages,
un Temps vivant où chaque jour est différent de l’autre. Oui, je vais te faire une
confidence parce que je crois que tu peux me comprendre : mais y’a pas de pire
destin ou de pire châtiment que celui de naître ou de devenir immortel. Tu ne peux
pas avoir la moindre idée de ce que signifie vivre hors du temps et hors de l’espace
auxquels toi, tu es habitué. Dans un monde immortel, plus rien n’a d’importance
puisque plus rien ne bouge ni ne change, que plus rien ne s’achève. Il n’y a plus
de temps là-bas ou là-haut, mais une sorte de présent éternel, de pause, d’ellipses
indéfiniment répétées, de vide blanc, stagnant où plus rien ne commence, où plus
rien ne finit. »

Remerciements : À Christine, Dane, Alain, Jean-Claude et Christian pour ces livres, témoignages d’une complicité qui savait souvent s’égarer hors des sentiers professionnels.

1 Ali, dans 2084 de Boualem Sansal
2 La postérité du soleil, Gallimard
3 Ardoise, Julliard
4 L’urgence et la patience, éditions de Minuit
5 Un fauteuil sur la Seine, Grasset
6 La nouvelle société du coût marginal zéro, Les liens qui libèrent
7 La révolution transhumaniste, Plon
8 Sapiens, Albin Michel
9 Introduction à une histoire naturelle, Fayard
10 Une brève histoire de l’avenir, Fayard
11 Dans la forêt des songes, NIL éditions
12 Chemin faisant, Fayard
13 Natures, Michel Houdiard éditeur